Ecrit le 10/09/2013

Il y a des périodes qui marquent l'inconscient collectif. Des évènements hors du commun, extraordinaires ou dramatiques qui resteront à jamais gravés dans la mémoire des personnes qui ont eu la chance, ou la malchance de les vivre.

Il ne s'agit plus d'un simple moment qui vient s'ancrer dans les souvenirs, c'est une date complète et bien souvent une heure précise qui lui est associée.

La télévision, la radio et internet ont largement favorisé la mémoire et le souvenir de faits marquants, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de drames.

Le 11 septembre 2001 en est un exemple révélateur. Qui ne se souvient pas du moment précis où la nouvelle est tombée?

Que faisiez-vous le 11 septembre 2001 aux alentours de 15h45 ?

Septembre 2001 : Internet est dans les entreprises, mais pas encore dans tous les foyers. Encore moins sur les téléphones portables qui eux ne servent qu’à téléphoner !

La télévision, les journaux, la radio restent les seuls supports qui nous apportent l’information. La notion d’immédiateté et de partage est encore bien loin de ce que nous connaissons aujourd’hui via le net.

En 2001, il est encore possible de ne pas avoir de téléphone portable ou d’email.

Une après midi encore chaude et un été qui se prolonge. Les journées de rentrée scolaire sont désormais terminées et la France se remet tranquillement dans la reprise après des vacances bien méritées, c’est une nouvelle année qui se profile.

Tout reprend sa place : travail, déjeuner, les sorties d’école, le goûter, le métro, le bus, la salle de gym, le dîner en famille ou entre amis …

Ce mardi 11 septembre, c'est l'horreur en direct

Et puis ce jour là, ce Mardi 11 septembre,  tout va se passer différemment. Vous sortez de la pharmacie, vous vous apprêtez à investir la première boulangerie venue, le ciel est bleu et la chaleur n’est plus aussi accablante. Il se passe un phénomène étrange. Une agitation inhabituelle. Dans la rue, des groupes se forment devant les brasseries qui disposent de poste de télévision, les voitures de police défilent en faisant hurler les sirènes.

A peine de retour chez vous, instinctivement vous allumez la télé : on entend en direct la voix d’Elice Lucet nous expliquer ce qu’il est en train de se passer depuis quelques minutes à New York. France 3 et les autres chaînes nationales ont suspendu leurs programmes pour suivre l’actualité.

9h43, heure américaine, la première tour du World Trade Center est percutée par un Boeing, la seconde tour subira le même sort quelques dix-huit minutes plus tard, puis c’est au tour du Pentagone. Enfin,  le vol 93 d’United Airlines sera détourné puis s’écrasera en Pennsylvanie,  la destination finale prévue était le Capitole.

Aux USA, la journée vient à peine de commencer.

Une journée qui va basculer le pays et le monde entier dans une nouvelle configuration.

La mort est en direct.

Les tours ont pris feu, elles ne vont pas tarder à s’effondrer,  les caméras sont braquées sur des centaines de personnes prises au piège dans les étages supérieurs. Impossibilité de s'échapper, la fumée, la chaleur, les amas de tôle, l'avion qui a explosé à l'intérieur de la tour, le Kérosène qui  prend feu de toutes part. Pour ne pas brûler vif ou mourir écrasé par une avalanche de poutres, les désespérés finiront par se jeter dans le vide, l’affolement est partout. Cris, pleurs, horreur. La poussière, le sang, le chaos.

Les autorités américaines sont sur tous les fronts, plus de mille pompiers sont mobilisés ce jour là pour intervenir dans tous les lieux sinistrés. Plus de 340 trouveront la mort en essayant de sauver les civils. Georges W. Bush enchaîne les déclarations et assure sa détermination à ne pas laisser le peuple américain sombrer dans la terreur et la domination face à la pression des terroristes.

 

En France, des mesures préventives sont prises, le plan vigipirate est réactivé d’urgence, Les forces de l’ordre sont en état d’alerte.

Le soir même, à travers une intervention télévisuelle, Jacques Chirac, Chef de l’Etat, assure aux Etat Unis le soutien indéfectible de la France dans le combat mené contre le terrorisme.

Un avant/après 11 septembre 2001

Presque 3000 morts. Pur produit du terrorisme, c’est un drame absolu, un évènement effroyable et sans précédent.

Le mardi 11 septembre 2001 restera une date  spéciale dans tous  les esprits. Personne sur la planète n’a pu rester insensible à ce qui ressemblait au début de la fin du monde.

Personne n’a pu faire abstraction de l’horreur  retransmise quasiment en direct.

Durant toute la journée, et les semaines qui suivront, les secours interviendront pour dégager les corps et les restes des victimes, espérant chaque jour retrouver des personnes vivantes.

Le quartier ne sera plus qu’un amas de cendres, de débris, d’enchevêtrement de poutres, de poussière et de chaleur.

Les New Yorkais présents à quelques centaines de mètres du drame resteront à jamais marqués par ces moments. Partagés entre le bonheur d’être encore en vie, presque miraculés, et le désespoir d’avoir assisté à cette exécution massive. Comment accepter l’inacceptable ?

En septembre 2001, deux jeunes réalisateurs français, Jules et Gédéon Naudet, effectuaient un reportage sur les pompiers New Yorkais. Ils étaient basés au sein d’une caserne depuis quelques mois et suivaient les équipes durant leur quotidien, les filmant en intervention.

Ce jour fatidique, ils accompagnaient une équipe sur une fuite de gaz au centre de Manhattan à l’heure précise du premier impact.

Jules et Gédéon Naudet suivront les pompiers toute la journée durant, au cœur même des attentats, ils filmeront tout. A commencer par le premier impact.  Sans relâche, ils choisiront de rester avec les équipes de secours, filmer coûte que coûte pour informer, témoigner, raconter :  le courage des pompiers, l’effondrement des tours, l’évacuation des civils. Grâce à ces images, ils réaliseront un des tous premiers documentaires  sur le sujet :  « 9/11 ».  A visionner d’urgence pour se rappeler, pour ne pas oublier l’horreur vécue par des milliers d’américains ce jour là. Ces hommes, ces femmes, au cœur de leur bureau, sans doute arrivés à leur travail, heureux et insouciants, la tête plein de projets à concrétiser,  cela aurait pu être chacun d’entre nous.

Quelle que soit la raison de cette tragédie, il en a résulté presque 3000 morts. Des innocents sacrifiés.

L’horreur en direct, la réalité en face, une leçon pour chacun.

Le fanatisme, la folie, le terrorisme, tous frappent souvent sans distinction de race, de sexe et de religion.

Une date à ne pas oublier, à évoquer au même titre que tous les autres actes sordides perpétrés au nom d’une idéologie inutile et destructrice.

Pour que ces morts en direct ne soient pas morts pour rien.

Se souvenir chaque année, et honorer leur mémoire.