Ecrit le 08/03/2017

8 mars 2017. Le retour de la traditionnelle journée de la femme. Une (rare) occasion annuelle de mettre en lumière la femme et sa place dans la société. Place encore un peu trop souvent cantonnée dans des stéréotypes qu’il faut sans cesse remuer pour espérer une faible avancée des mentalités.

Mais ce que l’on appelle dans bon nombre de médias Journée Internationale de la femme est plus précisément une journée dédiée aux droits de la femme.

 

En 2017, les faits sont là. La femme n’est toujours pas, au regard de la société, considérée comme l’égale de l’homme et cette différence s’inscrit principalement dans le monde du travail, à commencer par la rémunération. Les droits ne sont clairement pas respectés de ce côté-ci.

Selon l’observatoire des inégalités, « A temps plein, les hommes gagnent 31 % de plus que les femmes. Tous temps de travail confondus, l’écart est de 37 % »

Mais au delà des différences salariales, il y a avnt toute choses une différence marquante en terme de répartition des postes et des responsabilités..

Le petit monde du funéraire et du secteur des métiers en rapport direct avec la mort n’est pas épargné par cette disparité.

En effet, si l’on se pose en observateur extérieur lambda, le funéraire apparaît comme un secteur très masculin. Sans nécessairement tomber dans les stéréotypes, poussez la porte d’une agence de Pompes Funèbres, d’un funérarium ou d’une boutique spécialisée dans les monuments funéraires,  assistez à un enterrement, vous remarquerez immédiatement l’inégalité en terme d’occupation de poste.

C’est en se penchant sur l’étude menée pour le compte de la CPNEFP*  (Commission Paritaire Nationale pour l’Emploi et la Formation Professionnelle de la branche des services funéraires) en mai 2009 que l’on peut  répondre à cette question : c’est bel et bien une réalité : le genre féminin est très peu représentatif au sein des métiers du funéraire et de ceux en rapport direct avec la mort.

Pour information :

 - Environ 75% du personnel concerné par les métiers du funéraire (toutes catégories et échelons confondus) seraient des hommes.

 - Le féminin l’emporte largement sur le masculin dans le secteur de l’accueil ou de l’administratif.

 - Les postes d’encadrement ou de dirigeants sont là encore très fortement occupés par la gent masculine avec un chiffre révélateur : 17% de femmes seulement  occupent un poste à responsabilités (responsable d’agence ou de point de vente).

 - Les métiers les plus touchés par cette disparité  concernent des dispositions plutôt physiques (porteurs, ouvriers poseurs et marbriers) avec seulement 2% de femmes présentes dans ce secteur.

 

Cependant, la fonction de Maître de Cérémonie n’est représentée que par 11% de femmes au sein du secteur du funéraire. Un chiffre désolant quand on sait que cette  catégorie ne nécessite aucune disposition physique particulière, de même que celle des chauffeurs (1% de femmes présentes) opérateurs de crémation ou même, grand étonnement, thanatopracteurs qui eux accusent une disparité fortement représentative : 29% de femmes pour 71% d’hommes.

Alors comment ne pas tomber dans le cliché habituel : les femmes ne sont efficaces qu’au travers de tâches qu’elles mettraient un point d’honneur à accomplir au sein de leur propre famille  comme pour le rôle de mère au foyer et de maîtresse de maison : accueil ou gestion des contingences administratives.

Pourtant, si cela ne semble pas se voir de l’extérieur, les mentalités commencent à changer et les femmes sont de plus en plus nombreuses à rallier la cause des métiers de la mort. Le boom des séries télévisées américaines a largement contribué à un engouement sans précédent dans les métiers en rapport direct avec la mort (médecin légiste ou encore thanatopracteur). Paradoxalement, les femmes occupent le rôle principal dans bon nombre de séries, il n’est plus ici question d’accueil ou de simple tâches administrative mais bel et bien de responsabilités.

La mort se féminise également par le biais du net. A l’instar des sites communautaires parlant de la santé, de la mode, de la vie en général, nombreux sont les portails qui proposent des services de coffres forts numériques, d’héritage des données, de démocratisation de la mort avec une approche un peu plus sensible et loin d’un pragmatisme masculin habituel. La mort doit s’associer au dialogue, à la réflexion, la remise en question, la nuance et la douceur. Victime des stéréotypes habituels, l’homme ne se sent peut être pas prêt à endosser ce rôle face aux métiers de la mort. Il devra donc repenser la position de la femme au sein de ce secteur et même si le chemin sera encore bien long avant de réussir à briser toutes les idées reçues et faire changer les mentalités sur une profession déjà bien malmenée, la femme est probablement la seule et unique chance de redonner au secteur une once de crédibilité et de résultat.

La femme serait elle en train de  devenir l’avenir de la mort ?

 

* Etude menée de juin 2008 à février 2009, réalisée par le Cabinet Ithaque pour le compte de la CPNEFP de la branche des services funéraires.


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De voir une femme ou un homme dans un des métiers de la mort ne fait strictement aucune différence pour moi, tout le monde est libre d'exercer la profession de son choix !