Ecrit le 17/09/2013

Quoi qu’il se passe durant toute notre vie, nous serons tous à un moment donné accompagnés par  la musique.

Sans être musicien, sans avoir grandi dans une famille où le son du violon s’accorde gentiment avec celui du piano. Sans connaître pour autant Bach, Mozart, Chopin qui sévissent en intégristes du microsillon, de la cassette audio, du Compact Disque puis du lecteur MP3, sans passer des heures au conservatoire à apprendre des pages entières de solfège, sans souffrir au point de vouloir quelquefois renoncer, non, il n’est pas nécessaire d’être un professionnel de la clé de sol pour vibrer au son d’une musique, à la lecture d’un couplet.

Vibrer, c’est lorsque les premiers accords se font entendre, une émotion se fait ressentir au creux du ventre. Angoisse, envie, enthousiasme, tristesse, hystérie ou sérénité. Les sens sont en éveil.

Une chanson, un air connu, un refrain, un couplet, tout peut nous rappeler un instant de notre vie. Une époque, une occasion. Ces souvenirs, qu’ils soient bons ou même mauvais, refont surface au gré du bon vouloir d’un poste de radio, d’une soirée, d’un film accompagné de sa bande originale, d’un fond sonore au détour d’un grand magasin.

Oui, la musique est partout. Elle accompagne nos vies du début jusqu’à la fin.

La musique a toute sa place au sein de la mort. Religieuse, populaire, traditionnelle, pop et pourquoi pas rock n’roll.

 

Avez-vous déjà réfléchi à la musique que vous souhaitiez faire entendre à vos proches lors de vos funérailles ?

Décision un peu saugrenue mais de plus en plus  envisagée avec la démocratisation des obsèques préparées. De nombreuses sociétés de pompes funèbres offrent à leurs clients la possibilité d’organiser leurs obsèques de A à Z avec choix des fleurs, de la musique, du cercueil bien évidemment.

C’est un peu la grande inconnue. Imaginez cette fan de Disco qui décide que tous ses proches  n’auront pas d’autre choix que d’entendre une rétrospective de Boney M / Abba durant des funérailles qui paraîtront alors bien moins ennuyeuses sous l’effet d’un « Daddy Cool » ou d’un « Waterloo ». Ambiance garantie.

Pourquoi devrions-nous crouler sous le poids de musiques ennuyeuses ou tristes ? Un enterrement n’est – il pas déjà assez déprimant ? La musique possède cette notion de réconfort, de communion. Peu importe sa nature enjouée ou classique, elle est ce qui caractérise le rapport que nous avions avec le défunt. Ce message que nous souhaitons lui laisser devant celles et ceux qui le connaissaient, ou bien  ce souvenir que nous avions de lui.

Dans certaines sociétés, la musique occupe une place de choix lors des funérailles. C’est le cas dans la culture africaine. Chants, mais aussi danse, offrandes, la mort n’est pas une fin pour eux mais simplement un passage dans une autre dimension. Chanter est une façon comme une autre d’accompagner le défunt pour ce voyage. Les funérailles prennent donc un tout autre aspect.

 

Souffrir est une étape nécessaire du deuil. La musique peut devenir un exutoire.

La musique aidera à ce travail de deuil. Sans doute par des phrases et des mélodies qui feront leur chemin au recoin de notre cerveau, des propos devenus plus accessibles, des évidences jusqu’alors refoulées. Comme une longue cicatrisation.

De nombreux artistes musiciens et interprètes se sont servis de leur talent pour essayer d’exprimer leur douleur d’avoir perdu un être cher. La liste serait trop longue à dresser. Toutes ces  interprétations empreintes d’une souffrance certaine ne sont que le reflet d’une sensibilité malmenée qui réussi à transcender ses émotions et à les transformer en paroles et en musiques. Pure hérésie que de ne  plus voir, de ne plus toucher, de ne plus aimer l’autre.

 

Quelle musique choisir ? Quelle chanson va évoquer ce qu’il se passe au plus profond de notre cœur ?

Honorer l’autre, illustrer notre peine, mais avant tout nous relier encore une fois par tous les moyens possibles à celui qui n’est plus là.

  • Un lieu abstrait qui prend tout son sens à travers le Paradis Blanc de Michel Berger.
  • Un grand-père parti bien trop tôt, honoré par son petit fils : « Tu ne m’as pas laissé le temps » de David Halliday.
  • Une fiancée qui s’en est allée « là où les anges n’ont jamais été si beaux » : « Montée là haut » de Damien Saez.
  • Un frère qui, de l’au-delà, s’adresse à son jumeau afin de le rassurer « Sois tranquille » d’Emmanuel Moire.
  • Une femme fatiguée par une vie où elle ne trouve plus sa place « C’était l’hiver » de Francis Cabrel

Combien de chansons, combien de musiques pour nous faire pleurer, nous parler, nous rapprocher de ceux qui nous manquent, nous rappeler ces instants magiques de vie à leurs côtés, nous plonger au cœur même de la souffrance nécessaire d’une cérémonie d’adieu.

La musique est partout. Elle ne nous quitte pas, heureux ou malheureux.

Elle fait partie de nos vies, elle fera partie de notre mort.