Ecrit le 27/05/2012

Dans notre pays en particulier, de part notre culture et nos traditions de veille des défunts, la conservation et la présentation des corps ont toujours été une préoccupation. Cette responsabilité incombe de nos jours aux pompes funèbres, sur lesquelles les familles se reposent désormais totalement.

Aujourd'hui, la seule méthode qui permet de conserver un corps dans de bonnes conditions d'hygiène et de sécurité est la Thanatopraxie. Elle n'est cependant pas obligatoire et le cas échéant, des palliatifs peuvent être proposés. Le froid est encore utilisé malgré son efficacité très limitée mais il n'existe à l'heure actuelle aucune autre solution.

Ni médecin, ni magicien mais embaumeur, le Thanatopracteur est le spécialiste de la conservation des corps. C'est à lui que les entreprises de pompes funèbres s'adressent. Il a été formé à la science et aux techniques modernes d'embaumement, dont il est diplômé.

La Thanatopraxie est une technique qui nécessite la mise en œuvre de moyens mais ce n'est qu'une technique. Le résultat des soins dépend pour partie de l'état du corps, notamment de son système circulatoire ou de l'avancée du processus de thanatomorphose entre autre. Le Thanatopracteur a donc une obligation de moyens mais pas de résultat.

Le pourcentage d'échec est très faible lorsque tous les moyens ont été effectivement mis en œuvre. Faible, mais pas nul cependant.

Force est de constater qu'il existe aujourd'hui une grande disparité dans la qualité des soins. Elle n'est pas le fait des pompes funèbres mais des Thanatopracteurs eux-mêmes bien entendu. Lorsque le résultat n'est pas à la hauteur des attentes normales de la famille parce que le soin a été mal réalisé, le préjudice est double. Pour cette famille d'abord, mais aussi pour les pompes funèbres et leur image. Il s'agit ni plus ni moins d'une tromperie.

Juger le travail d'un spécialiste alors qu'on ne l'est pas soi-même est impossible. Comment dans ce cas, l'opérateur funéraire peut-il savoir si le soin a été pratiqué selon les règles ?

 

Même si l'appréciation d'une manière de travailler reste tout à fait subjective, l'ensemble des moyens que le Thanatopracteur a l'obligation de mettre en œuvre sont énoncés et détaillés dans le protocole du soin de conservation, celui-là même qui est enseigné aux élèves Thanatopracteurs en théorie d'abord, puis en pratique.

Si les étapes du soin sont respectées, la durée minimum de l'opération est incompressible. Elle peut être plus longue si le Thanatopracteur est débutant, si le corps présente des difficultés particulières ou si les conditions de travail sont mauvaises. Par contre, elle ne peut pas être plus courte.

Ainsi, il n'est pas réaliste de penser qu'un soin puisse être réalisé correctement en moins d'une heure.

Certes, plus le Thanatopracteur est rapide, plus il est rentable et plus les prix des soins peuvent être tirés vers le bas, mais dans ce cas c'est la qualité de la prestation qui est du même coup tirée vers le bas sans doute possible.

Or, lorsque l'on parle de soins aux défunts, il ne peut être question de rentabilité puisque l'on parle de corps humains, ceux de nos semblables que leurs familles nous confient et non d'une quelconque marchandise. Nous devons traiter ces corps avec respect.

Les objectifs de la Thanatopraxie sont en tout premier lieu de permettre aux familles de commencer leur travail de deuil sereinement sur une image apaisée et apaisante et ensuite de leur assurer de pouvoir se recueillir dans de bonnes conditions d'hygiène et de sécurité, ces deux derniers points étant également importants pour le personnel des pompes funèbres. Si faire pratiquer des soins ne remplit aucun de ces objectifs, alors cela représente un bénéfice nul et un coût inutile.

Il est important que l'information soit faite au niveau des pompes funèbres sur ce qu'est un soin de Thanatopraxie. Pompes funèbres et Thanatopracteurs doivent travailler ensemble au service des familles pour revaloriser nos professions.