Ecrit le 09/10/2014

Qu’est ce qu’un héritage ?

Hormis tout un tas de données physiques et psychiques qui nous ont généreusement été transmises par nos parents, il y a ce que l’on appelle une succession. Une somme (conséquente ou pas) d’argent, une société,  une immense maison familiale, une collection d’œuvre d’art et de bijoux, tout un patrimoine, (ou quelquefois tout un tas de dettes) accumulés durant une vie entière et qui risque de nous appartenir un jour ou l’autre si la logique fait bien les choses.          

Entendre par « logique » l’acte de léguer à sa descendance. Ce patrimoine entassé durant une vie entière et ne nous sera  probablement d’aucune utilité dans l’au-delà.

Il y a ceux qui donneront de leur vivant pour éviter aux enfants les droits de succession, ceux qui à l’inverse s’accrocheront à leur propriété en imaginant qu’une donation les mettrait automatiquement à la porte, sans le sou et sous un pont ! Ceux qui n’auront rien à laisser, estimant qu’une fortune est personnelle et se doit d’être dépensée, un dernier centime pour un dernier souffle !

Et puis il y a les héritages compliqués, contestés, procéduriers, les cadeaux empoisonnés, les euros tombés de nulle part (ça, c’est souvent au cinéma et rarement dans la vraie vie !).

Un arrière grand oncle complètement inconnu apparait dans votre paisible existence sous l’aspect d’un acte notarié vous informant de l’arrivée imminente d’un virement si vous voulez bien vous donner la peine de signer là, en bas de la page !

On ne va pas refuser une somme providentielle. Surtout lorsqu’il s’agit de l’application stricto-sensu de la loi !

Mais faire face à une succession souvent inévitable, cela peut être aussi une étape douloureuse car héritage est la plupart du temps synonyme de deuil. Une somme d’argent, des biens qui arrivent tous azimut alors que l’on aurait franchement préféré ne jamais vivre ces moments. Un compte en banque rempli, mais un cœur vidé de la présence de l’être aimé.

La succession chez les stars !

Ce n’est pas donné à tout le monde de naître dans une famille cossue.

Quand je parle de cossue, il s’agirait même d’un euphémisme car quand la fortune personnelle du chef de famille s’élève à plusieurs millions d’euros, l’avenir promet d’être confortable !

Parce qu’il ne faut pas se voiler la face, l’argent offre bon nombre de facilités. Même s’il est coutume de se répéter cet adage vieux comme le monde « l’argent ne fait pas le bonheur », on peut quand même imaginer qu’il est plus facile de boucler une fin de mois en étant héritier de la Famille Betancourt que fils d’ouvrier métallurgiste dans la banlieue de Roubaix.

Papa et maman ont amassé suffisamment d’argent pour assurer un quotidien sympathique, tout est à portée de main et de cartes de crédits, les journaux people nous rappellent régulièrement que certains héritiers ont décidé de largement profiter de leur statut de « bien né ». Quid de l’effort ? Quid du mérite ? Quid du savoir ?

 

No pain, no gain ! On peut traduire ce proverbe anglo-saxon par « pas d’effort, pas de récompense ! ».

Un principe assez éloquent que tout parent souhaite transmettre à priori à sa progéniture. En théorie c’est toujours plus simple qu’en pratique.  Pourtant, certaines célébrités ont décidé de passer directement à la mise en pratique en déshéritant leur descendance.

Sting, ex-chanteur du groupe The Police, est à la tête d’une fortune estimée à plus de 180 millions de Livres Sterling (soit plus de 229 millions d’euros  accumulés depuis ses débuts dans la musique il y a presque 40 ans).

Dans une interview accordée récemment au magazine Event (supplément du Mail on Sunday) il explique sa logique simple, et implacable ! Pour vivre, ses enfants auront l’obligation de travailler et ne devront absolument pas compter sur la fortune de Papa et maman qui est en bonne voie d’extinction eue égard aux nombreuses dépenses, occasionnées spécifiquement par les frais de fonctionnement de ses sociétés qui emploient plus de 100 salariés. Il semblerait que sa progéniture (six enfants à ce jour, âgés de 18 à 37 ans)  soit déjà au courant de ses dispositions successorales, et n’ait pas l’habitude de le solliciter pour grand-chose. Un état d’esprit lucide et saint qui indique que ces jeunes gens ont tout à fait compris que l’argent ne tombait pas du ciel et qu’il fallait travailler pour le gagner.

Mais Sting n’est pas le seul à envisager de telles dispositions, il trouve un co-religionaire en la personne de Bill Gates ! Le milliardaire et fondateur de Microsoft a décidé de plafonner la somme qu’il laissera à chacun de ses trois enfants. 10 millions de dollars (soit environ 7 millions d’euros) c’est ce qu’ils recevront de leurs parents, alors que tout le reste sera dispatché à travers des œuvres de charité.

Une fin de vie confortable

Que-ferions-nous si nous étions en possession d’une fortune si colossale ? 10 millions de dollars ! 7 millions d’euros en positif sur son compte bancaire pour terminer ses jours (admettons que la progéniture de Bill Gates hérite à un âge avancé) c’est toujours une somme assez confortable qui permet de se constituer une perspective de retraite plutôt joyeuse !

A partir de quelle somme d’argent, de quel niveau de richesse peut-on considérer que nous pouvons encore avoir les pieds sur terre et garder un œil lucide sur la vraie valeur de l’argent, sur la notion de mérite ?

Est-ce que la mort doit obligatoirement offrir à notre descendance une sensation de facilité ? Comme une rentrée d’argent providentielle sur laquelle on compterait, une certitude de posséder un compte en banque bien fourni à une date supposée !

Pourtant, sans forcément se pencher sur ces multimilliardaires aux préoccupations bien loin du commun des mortels, on peut simplement observer  le rallongement de l’espérance de vie et l’avancée de la médecine qui font qu’un patrimoine aura plus de chance de servir à payer une maison de retraite médicalisée plutôt que d’être transmis dans son intégralité. Allons-nous vers la mort de l’héritage ? Probablement ! Ce n’est pas les descendants de Jeanne Calment qui nous contredirons sur ce point.

Plutôt que de regarder ce que nous pourrions récupérer de la mort, essayons plutôt de nous pencher sur ce que nous gagnons à être vivants !