Ecrit le 25/04/2016

Ce qu’il adviendra de nous et de notre corps quand on viendra à disparaître est une question qui inquiète plus d’une personne. On sait ce qu’on veut faire de notre vie, et encore parfois on doute et on se trompe, mais ce qui se passera quand nous ne serons plus de ce monde, on y pense et finalement on ne sait pas forcément comme agir. Choisir des dispositions qui seront faites lorsque nous décéderons, c’est ce qu’on appelle les dernières volontés.

Les dernières volontés en quoi ça consiste ?

 
Pour décider de ce qui se passera avec nos biens et comment ils seront répartis et distribués à notre décès on parle souvent de testament, et un testament sert dans ce sens à exprimer ses dernières volontés en matières de biens patrimoniaux. Mais on ne traite pas dans ce document des dernières volontés concernant notre corps et les soins que l’on souhaite recevoir avant et après un décès. Faire ses dernières volontés doit donc consister à exprimer ce que l’on souhaite qu’il soit fait par rapport à ses dernières dispositions, par exemple concernant les directives anticipées avant un décès, et le don d’organe.
 
Quelles formes on souhaite donner à ses obsèques ? Quel type de sépulture on veut avoir, comment se passe notre fin de vie si on est malade et qu’on ne peut plus agir par soi-même ? Ce sont des questions qui, en plus d’être légitimes, inquiètent la plupart des français aujourd’hui. 
On assimile les dernières volontés au testament mais en réalité aucun outil ne regroupe actuellement toutes ces dispositions. Avec un testament et un contrat obsèques on peut choisir non pas seulement la part que l’on peut donner à ses héritiers, mais aussi ce qu’on souhaite faire en matière de funérailles : inhumé ou incinéré, quel type de cercueil, nature de la cérémonie (si à l’église ou civile), son déroulement etc. Mais on ne déclare pas encore, officiellement, ses dernières dispositions concernant le devenir de notre corps, les soins palliatifs, l’acharnement thérapeutique, ou le don d’organes par exemple.
 

Comment exprimer ses dernières volontés ?

 
Si actuellement on ne peut pas déclarer officiellement ses directives anticipées, le meilleur moyen reste donc d’en parler à ses proches et de partager ses souhaits. Le dire à son médecin si possible et si c’est notre médecin traitant ou en tout cas qui nous suit depuis un moment et nous connaît plutôt bien, c’est la bonne manière, tout en prévenant ses proches ; se faire le relais entre les proches et le médecin. Si possible on peut l’écrire, aujourd’hui il n’y a pas de déclaration ou de formulaire officiel, mais vous pouvez très bien, en plus d’en parler avec vos proches et votre médecin, le dire aussi par écrit. Cela permet dans ce sens de renforcer ses dires et de rendre ce que l’on souhaite un peu plus fort. Comme une lettre que l’on garde, on peut très bien dire à quelqu’un qu’on l’aime, si on l’écrit sur une lettre, il pourra la garder, et de relire cette lettre des années plus tard lui fera encore plus d’effet avec le souvenir qui l’accompagne.

 

L’importance d’y penser pour vivre sereinement ?

 
Quand on parle de décès, de fin de vie, et de tout ce qui touche de près ou de loin à la mort, la majeure partie des gens préfère ne pas en parler. Parce que ce n’est pas réjouissant, qu’on préfère ne pas penser à la mort parce que la vie est beaucoup plus importante, et que si ce n’est pas pour tout de suite (et on l’espère pour tous) autant éviter le sujet. Mais la raison est aussi assez simple : cela fait peur. On a peur de mourir car on ne sait pas ce qui se passe réellement et rien ne nous rassure vraiment sur le sujet. Sauf que si on y réfléchit, si déjà on angoisse rien qu’à l’idée, si en plus on laisse une grande incertitude sur notre fin de vie, le stress sera d’autant plus grand pour soi et pour ses proches à l’avenir. C’est comme faire des économies, si on veut acheter un bien et qu’on commence à épargner, on se met une somme de côté et le jour où on est prêt on a ce qu’il faut et pouvons anticiper si on veut changer de logement ou en cas d’imprévus. Par contre, si on ne fait pas d’économie, en plus de ne pas avoir autant de choix le moment voulu, et surtout s’il y a un imprévu on se retrouve dans l’impasse.
 

L’importance de le partager avec ses proches et d’en parler

 
Les dernières volontés sont dans ce même sens, des décisions à anticiper. Bien sûr le but n’est pas d’y penser à chaque instant, comme son épargne que l’on constitue chaque jour ou presque, mais de prendre les bonnes décisions pour les faire respecter en temps voulu et enlever ce poids à soi et à ses proches. Parce que choisir ce qu’il adviendra de notre personne en fin de vie ou après la mort peut être un poids pour soi-même, mais aussi pour ses proches. À qui reviendra les décisions au moment où il faudra les prendre si aucune disposition n’a été faite ?
 
Si aucune déclaration n’a été faite, dans la loi il est dit que c’est la personne la plus proche qui est en charge des décisions. Imaginez une situation où votre proche est malade et en fin de vie ou vient à décéder, une situation déjà extrêmement dure à vivre. Si en plus il faut décider ce qu’il adviendra du corps du défunt, quelles types d’obsèques ou encore quel cercueil choisir, cela alourdi la peine et donne encore plus de responsabilité et de douleur aux proches.
 
Il devient alors nécessaire d’en parler dès que l’on peut le faire, rien que pour prévenir mais aussi pour rassurer ses proches. Si on dit quelle cérémonie on souhaite avoir, que l’on veuille ou pas donner son corps à la science, et que l’on ne souhaite pas d’acharnement thérapeutique, cela peut rassurer énormément les proches et permettre de vivre plus sereinement pour ne pas avoir à la faire dans les moments les plus dures, où l’on a davantage envie de profiter de la vie et des gens que l’on aime jusqu’aux derniers instants.