Le bouddhisme est aujourd’hui la religion officielle de nombreux pays d’Asie  mais compte tenue de son étendue géographique les rituels funéraires et les croyances sont variés même si l'esprit central reste le même.

Dans les pays bouddhiques on attache une grande importance aux funérailles.

En France, on compte, environ 600.000 adeptes, venus, pour la plupart, de Chine, mais aussi du Vietnam, du Cambodge ou du Laos.

La mort est l'entrée dans le Nirvana (paix) ou l'Éveil. la mort est un instant attendu avec un esprit paisible. C’est une libération.

« La mort ne doit pas être considérée comme une catastrophe à caractère unique qui se produit au terme d’une vie puisqu’elle s’inscrit à chaque instant de l’existence. L’attitude idéale face à la mort résulte de cette prise de conscience et implique une acceptation du processus de transformation. » Edward Conze.

Dans cette voie spirituelle, lorsqu’un être humain décède, son esprit est appelé à se réincarner, il ne meurt pas. Cette réincarnation se produit en fonction du karma créé par les actes et les pensées du défunt tout au long de sa vie. Elle peut donc être positive, parmi les humains ou les dieux, mais aussi être négative, parmi les animaux ou les créatures infernales.       

L’état d’esprit d’une personne qui est sur le point de mourir est extrêmement important, car cet état de conscience conditionne aussi la renaissance. Tout est mis en œuvre pour le rassurer et lui prodiguer bien-être, paix et repos. L'entourage  facilite le départ, en ne retenant pas le mourant par son désespoir qu'il met en sourdine. De nombreux textes sont lus et notamment le Livre des Morts Tibétains.

Bouddha conseillait à ses disciples de "pratiquer les vertus" plutôt que de s'occuper de la cérémonie funéraire. De guerre lasse il finit par répondre à leurs questions insistantes en leur conseillant de procéder à la crémation de son corps après sa mort, ce qui en fait, sans doute, le plus célèbre crématiste du monde.   

Lorsqu’il a rendu son dernier souffle, le corps est placé dans la position de Bouddha. C'est-à-dire couché sur le côté droit, main gauche sur la cuisse gauche et main droite sous la joue. Il ne faut en aucun cas bouger le corps durant le passage de vie à trépas, même après l’arrêt de la respiration.

Si, pour une raison quelconque il doit tout de même être déplacé, il faut toucher, en premier lieu, le sommet du crâne pour permettre à la conscience de quitter l’enveloppe corporelle par sa partie supérieure.
 

Difficile de rentrer  dans le détail des rites de crémation car ils sont variables d'un lieu à l'autre même très proches comme le Laos et le Cambodge par exemple.
 

Les défunts sont généralement incinérés plusieurs jours après leur mort. Lors de la préparation des funérailles de nombreux rites d’influence bouddhique, brahmanique ou animiste ont lieu et s’interpénètrent, par exemple le bain du corps et sa préparation (introduction de pièces d’argent et de bétel dans la bouche, pose d’une couche de cire sur le visage, etc. ).

Le corps est ensuite transporté au monastère pour l’exposition du cercueil et les rites requérant la présence des moines. Ils vont réciter des mantras et des prières, qui sont supposés éviter une renaissance défavorable, tandis que la conscience se fond dans l’univers.

Il n’y a pas de tradition de toilette rituelle et les soins de conservation sont autorisés.

En France, le corps est conduit au crématorium. Il est d’usage que la famille et les moines assistent à la mise à la flamme. Cet accès étant interdit en France, il existe dans les crématoriums des dispositifs permettant d’assister à la crémation soit par vidéo, soit par un jeu de glaces.

Puis, une cérémonie se déroule à la pagode, où les officiants portent des vêtements traditionnels.

D’un bout à l’autre du rituel funéraire bouddhiste, c’est la paix intérieure qui fait le lien entre celui qui part, les vivants qui restent et le monde intermédiaire vécu par l’esprit du défunt