Qu’allons-nous laisser derrière nous une fois notre vie achevée. Existerons nous encore ça et là dans le quotidien de ceux qui nous aimaient ?

Aurons-nous une sépulture bien fleurie ? Un lieu de mémoire où viendront se recueillir nos survivants, qui eux aussi, ne seront ici bas que pour une durée bien définie.

Qu’en sera-t-il des générations futures qui n’auront sans doute aucune idée de qui était réellement leur arrière grand père policier ou leurs aïeux, colons d’Algérie, celui là Maréchal Ferrand, celle-ci gouvernante à Contrexéville pour une riche famille de médecins. Une arrière, arrière,  grande tante inconnue dont l’existence n’a surgit qu’à l’ouverture d’une récente succession, ou bien encore cet arrière, arrière grand-père, aux multiples mariages et aux épouses disséminées, voir même décédées en couches dans des conditions étranges, légendes familiales entretenues  durant des décennies et dont le mystère ne trouve malheureusement pas de réponses, sinon celles qui reposent désormais entre quatre planches de sapin au fin fond d’un caveau oublié. Un caveau dont même les noms gravés s’effacent au gré des décennies.

Des personnalités, des caractères, des vies et des histoires de famille qui finiront par tomber dans le néant.

 

Il y a donc nous, notre vie, et le souvenir que nous laisserons de notre passage sur terre.

Outre le souvenir biologique (la filiation pour celles et ceux qui l’ont envisagée),  il y a ce que nous déciderons de transmettre (écrits, témoignages, films, dessins, composition, création…). Certain ont excellé en la matière puisque leur filiation passerait presque pour inaperçue à côté de leurs œuvres qui traversent les siècles avec grandeur, magnificence, éclat. Egos surdimensionnés qui devaient probablement penser que l’art tout comme les écrits ou la pierre sont immortels. Et ils avaient raison.  

C’est bel et bien la volonté de laisser coûte que coûte une trace de son passage sur terre. Mission accomplie pour nos amis Napoléon 1er, Louis XIV, Mozart ou encore Picasso (liste non exhaustive bien entendu !).  Ils ne seront jamais que de simples noms dans des livres d’histoire ou d’art. Ils sont bien plus que ça. 

Et puis il y a les autres. Vous, moi, Monsieur et Madame Toulemonde. Ces millions d’anonymes qui disparaissent chaque jour dans l’indifférence la plus totale. Ces vies terminées après tant d’années à s’agiter dans un monde où l’individualisme règne en maître. Certain d’entre nous auront passé une vie à nourrir l’espoir secret de trouver auprès d’autrui une reconnaissance, une légitimité, une existence. A éprouver sans relâche cette envie de crier «regardez-moi».  Non, c’est bel et bien fini. Après la mort il ne restera que des souvenirs qui s’estomperont au fil du temps et des générations.

drole épitaphe

 

L’épitaphe, dernière touche personnelle ?

Pour l’anonyme que vous représentez aux yeux de la société, à moins d’avoir opté pour le mécénat ou bien d’avoir gratifié votre famille d’une succession des plus généreuse, le souvenir de votre personne ne se transmettra pas au delà de deux générations. Il existe pourtant une solution envisageable pour tenter de rappeler à votre bon souvenir une descendance un peu négligente.

Si la conception d’une sépulture particulière et originale est de l’ordre du possible, cette démarche reste néanmoins coûteuse et il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir disposer des fonds nécessaires pour se faire ériger statues, stèles, œuvres d’art ou monuments dont la mégalomanie n’a d’égale que la frustration d’avoir disparu de la planète, comme n’importe quel mortel !

L’épitaphe reste donc une alternative assez bon marché pour laisser une dernière touche personnelle dans le monde des vivants, une dernière chance de se faire remarquer. Un détail original qui se transmettra de génération en génération. Une référence qui saura prendre sa place et alimenter toutes les conversations au milieu des réunions et fêtes familiales interminables et ennuyeuses.

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Célébrité post-mortem !

Au détour des chemins pavés des cimetières s’élèvent ça et là certaines sépultures dont les épitaphes poussent souvent le promeneur à imaginer ce que pouvait bien être la vie de celle ou celui qui repose à ses pieds.

Si l’on n’a justement pas eu le temps de se pencher sur sa propre épitaphe et d’informer ses proches sur cette dernière volonté, ou de prendre les dispositions nécessaires pour que celle ci soit respectée, il ne faut sans doute pas s’en faire car bon nombre de nos survivants potentiels peuvent aussi avoir envie de se charger de notre propre épitaphe (pas toujours dans notre intérêt d’ailleurs !).

Famille désespérée qui utilisera toute la surface possible du caveau pour y inscrire la vie (si courte fût-elle) de l’occupant, épouse ou mari satisfait et presque joyeux de son veuvage et qui souhaitera le faire savoir à la terre entière ! Douleur éprouvée par l’absence, ou encore lyrisme à connotation très religieuse,  c’est donc une chasse à la fameuse phrase qui s’ouvre régulièrement dans bon  nombre de cimetières. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les taphophiles avertis.

Les cendres d’Arman, célèbre artiste peintre, sculpteur et plasticien du XXème siècle (il est décédé en 2005 à l’âge de  77 ans) reposent au sein de la 11ème division du Cimetière du Père Lachaise à Paris. La sépulture de l’artiste est aussi célèbre pour l’épitaphe qui résume à elle seule son incroyable personnalité : ENFIN SEUL !

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Une façon comme une autre de permettre à votre descendance de se faire une idée sur votre personnalité, et d’accéder peut être à une petite postérité inespérée de son vivant !

Alors ? Quelle sera votre épitaphe ? 

N'hésitez pas à aller faire un tour dans notre rubrique épitaphes, vous y découvrirez des perles, anonymes ou pas. A vous d'ajoutez vos préférées ou bien d'inventer celle qui vous conviendra le mieux !