Euthanasie : définition

Mieux comprendre la notion d'euthanasie avec alloleciel.fr

Euthanasie | Mieux comprendre la notion d'euthanasieL’euthanasie, bien connue dans le monde médical ou chez les philosophes, portait parfois une connotation négative, le mot étant parfois assimilé à une condamnation. Il rappelait à certains l’extermination par les nazis des malades mentaux et des handicapés physiques qui a précédé l’extermination des juifs. D’autres y voient l’euthanasie animale au service de laboratoires de recherche.

Le mot « euthanasie » vient du grec eu (bonne) et thanatos (mort). L’euthanasie est donc pour les anciens une mort réussie, douce, sans souffrance et en conscience. Aujourd’hui, ce mot a pris un sens un peu différent : il signifie hâter la mort pour abréger les souffrances.

 

EuthanasieEuthanasie : l'affaire Vincent Humbert

L'euthanasie était peu connue du grand public jusqu’à l’affaire Humbert qui a fait grand bruit dans les années 2000. Vincent Humbert est devenu aveugle, muet et tétraplégique suite à un accident de voiture mais il avait gardé toute sa lucidité. Ne supportant pas son état et sachant qu’il n’avait aucune chance de guérison, il entreprit des démarches pour obtenir le droit de subir une euthanasie. Il écrivit même plusieurs fois à Jacques Chirac, président de la République à l’époque, où il lui demandait le « droit de mourir », mais en vain.

Le 24 septembre 2003, sa mère décide d’abréger ses souffrances en lui donnant de fortes doses de pentobarbital de sodium qui le plongent dans un coma profond. Il est conduit dans le service du Dr Chaussoy et sa mère est arrêtée. Le 25 septembre sort le livre de Vincent Humbert, écrit par Frédéric Veille, Je vous demande le droit de mourir. Marie Humbert est libérée. Le lendemain, en accord avec la famille, le Dr Chaussoy décide d’arrêter tout traitement et d’injecter au malade du chlorure de potassium qui entraîna le décès.

La France entière est troublée par cette affaire d'euthanasie. Le débat s’engage dans l’opinion entre les « pro » et les « anti » euthanasie. Très vite Jacques Chirac charge Jean Leonetti d’une mission parlementaire sur l’accompagnement de la fin de vie. En janvier 2004, Marie Humbert et le Dr Chaussoy sont mis en examen, elle pour administration de substances toxiques, lui pour empoisonnement avec préméditation. Un non-lieu sera prononcé en février 2006.

Euthanasie : l'affaire Laurence Tramois et Chantal Chanel

En août 2003, Laurence Tramois, médecin généraliste à l’hôpital de Saint-Astier en Dordogne ordonne une injection mortelle de potassium, pratiquée par l’infirmière Chantal Chanel sur une malade âgée de 65 ans en phase terminale de cancer et tombée dans le coma. Chantal Chanel et le docteur Laurence Tramois sont mises en examen pour assassinat et complicité d’assassinat puis renvoyées devant une cour d’assises pour empoisonnement et complicité d’empoisonnement alors que la famille ne s’était pas portée partie civile. En mars 2007, l’infirmière Chantal Chanel est acquittée et Laurence Tramois est condamnée à un an avec sursis, sans inscription au casier judiciaire.

Euthanasie : l'affaire Chantal Sébire

Il y eut ensuite en 2008 une autre affaire liée à l'euthanasie qui secoua toute la France :  l’affaire Chantal Sébire.  Atteinte d’une tumeur des sinus et de la cloison et qui ressentait une douleur physique intense et insoutenable malgré les traitements. Comme Vincent Humbert, cette jeune femme s’adressa plusieurs fois au président de la République (Nicolas Sarkozy) et à la justice pour obtenir le droit de « mourir dignement et en pleine conscience ». Sa requête fut rejetée par le tribunal qui se retrancha derrière la loi Leonetti. Elle est retrouvée morte deux jours plus tard chez elle suite à la prise d’une forte dose de barbituriques.

Chantal Sebire : L'affaire plus en détails

Chantal Sébire était atteinte d'un esthésioneuroblastome, une tumeur très rare des sinus et de la cloison nasale. Cette tumeur, devenue incurable, entraînait de fortes douleurs et lui avait fait perdre l'odorat, le goût, puis enfin la vue six mois avant sa mort. Étant contre l'idée du suicide1, elle demande à la justice ainsi qu'au président de la République française, Nicolas Sarkozy, « le droit de mourir dans la dignité ».

L'affaire Chantal Sébire est devenue d'autant plus célèbre qu'elle a pu s'exprimer d'elle même directement dans les médias. En effet, elle s'est expliquée lors d'un entretien à l'AFP le 26 janvier 2008. Chantal Sébire peut exprimer, lors de cet entretien, très clairement la douleur et la souffrance qu'elle ressent. 

Euthanasie : l'affaire du docteur Bonnemaison

Euthanasie | Comprendre l'euthanasieMais il y a eu d’autres affaires autour de l'euthanasie et la dernière en date est celle d’un médecin urgentiste de Bayonne, le docteur Bonnemasion qui a été mis en examen en août 2011 pour « empoisonnement sur personnes vulnérables » après le constat de plusieurs décès suspects dans son service. Il est soupçonné d’avoir injecté des doses mortelles à 4 personnes âgées incurables. Il est libre mais il encourt une peine de prison assez lourde si les faits sont avérés.

Une fois de plus le débat sur l’euthanasie active a été relancé surtout qu’en janvier 2011 le Sénat a voté contre la légalisation d’ « une assistance médicalisée pour mourir », réaffirmant le développement des soins palliatifs et du refus de l’acharnement thérapeutique.

Les études sur la fin de vie ne sont pas très nombreuses, en France comme à l’étranger, mais elles montrent que les réanimateurs ont toujours pratiqué la suspension ou l’arrêt des soins (euthanasie passive), bien avant que la loi Leonetti définisse cette notion...

De son côté l’Académie nationale de médecine réaffirme dans un communiqué voté le mardi 31 janvier 2006, sous la Présidence du Professeur Denys Pellerin son opposition à « toute disposition visant à dépénaliser l’euthanasie et l’assistance au suicide, son équivalent ».

Elle se félicite que la loi Leonetti reprenne ses avis émis en ce qui concerne le refus de l’obstination déraisonnable (acharnement thérapeutique). En revanche, elle exprime « sa perplexité devant la distinction qui paraît avoir été voulue par le législateur entre deux attitudes médicales dont l’une serait légalement acceptable et l’autre pas.

Elles ont cependant la même motivation et la même finalité : mettre un terme à la vie du malade pour mettre un terme à sa souffrance. La loi condamne en effet l’arrêt de vie consenti, obtenu sans délai par injection de molécules létales, mais admet l’arrêt de tous les soins « médicaux » qui laisse venir la mort naturelle, mais impose que soient apaisés les inévitables moments de l’agonie par les soins palliatifs incluant les sédatifs appropriés.

Les circonstances sont évidemment bien différentes selon qu’il s’agit d’apaiser la fin d’une vie parvenue à son terme naturel par la maladie ou l’âge, et l′arrêt de la vie d’une personne dont les fonctions vitales essentielles sont préservées mais dont les conditions d’existence lui sont insupportables. L’ANM se doit de rappeler que quelle que soit la modalité légale ou non de cette fin de vie ou de cet arrêt de vie, il s’agit là sans ambiguïté d’une transgression. »

 


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