Selon un rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), paru en 2009, environ 58 % de Français meurent dans un établissement de santé.

C’est en Ile-de-France où le chiffre est le plus élevé avec 63 % de personnes qui meurent à l’hôpital et seules dans trois quarts des cas. Les services dans lesquels il y a le plus de décès ne sont pas les mieux adaptés à une prise en charge sereine de la fin de vie. On assiste à une véritable concentration des décès en réanimation (médicale et chirurgicale), soins intensifs (USI) et continus (USC), urgence et aide médicale urgente.

50 % des certificats de décès sont délivrés par les médecins urgentistes ; aujourd’hui ces derniers sont souvent traînés devant la justice car les familles leur reprochent d’avoir mal ou insuffisamment réanimé leur proche. Mais quand un patient arrive dans un état de fin de vie, souvent il n’y a aucune directive, la famille pas toujours joignable et il faut gérer les souffrances... L’IGAS préconise d’adapter les services d’urgences aux situations de décès...

Les conditions matérielles, essentiellement orientées vers la technique et l’ergonomie des professionnels, ne rendent ces services ni apaisants, ni chaleureux.

Les Unités de soins palliatifs (USP), n’accueillent qu’une petite fraction des décès. Seulement 20 % des malades qui meurent à l’hôpital bénéficient de soins palliatifs financés. Il s’agit dans plus de 80 % des cas de cancéreux et les hôpitaux psychiatriques n’assurent pratiquement jamais la fin de vie.

Aujourd’hui dans les hôpitaux et cliniques, les soins palliatifs sont parfois réduits à l’administration de quelques soins de support, qui ne présentent aucun caractère nouveau, notamment en cancérologie. En pratique, seules les USP garantissent une réelle prise en charge spécifique grâce à la formation et la compétence de leur personnel pour gérer des situations complexes.

Il faut savoir qu’un lit en soins palliatifs coûte plus cher qu’un lit standard. Enfin l’IGAS souligne que ni le ministère de la Santé, ni l’administration des établissements de santé, ni le corps médical dans son ensemble ne se sont penchés sur l’élaboration d’un projet global pour la prise en charge des fins de vie. Chacun à son échelle élabore ses propres règles.

A cela il faut ajouter le manque de moyens ce qui ne favorise pas la mise en route d’une démarche qui obligatoirement aura un coût et entraînera un changement dans les mentalités, voire le travail des équipes de soignants.

 


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Magnifique reportage à la Maison Jeanne Garnier que je connais car l'ai visité lors d'une recherche d'emploi.........Le personnel est très humain et tout l'accompagnement des personnes se fait avec un énorme respect et une douceur incomparable..........Merçi à tout ce qu'il réalise et n'oublions pas les bénévoles qui ont un rôle également aussi très important...........