La dépendance en quelques chiffres

 

Parmi les personnes nées entre 1940 et 1954 qui atteignent l’âge de 60 ans, 41 % connaîtront au moins une année de dépendance. Avec 29 % contre 52 %, les hommes sont nettement moins affectés que les femmes. La durée moyenne de la dépendance, lorsqu’elle survient, est de 4,4 années, 3,7 ans pour les hommes et 4,7 ans pour les femmes. Par ailleurs, les durées longues en dépendance sont rares : seuls 6 % des hommes et 16 % des femmes atteignant l’âge de 60 ans vivent plus de 5 ans en dépendance.

Les différences entre hommes et femmes s’expliquent par la plus longue espérance de vie des femmes et par le fait qu’elles sont plus fréquemment touchées par la dépendance.

En novembre 2010, Nicolas Sarkozy a annoncé une loi sur la réforme de la dépendance afin de remettre à plat le financement de la prise en charge des personnes âgées dépendantes, qui seront de plus en plus nombreuses dans les années à venir.

Selon les projections, la France comptera 1,4 millions de personnes âgées en perte d'autonomie en 2040. Les plus de 60 ans devraient représenter un tiers des Français dès 2035.

Ce vieillissement aura un coût : des projections tablent sur un besoin accru de 10 milliards par an dans 15 ans pour la dépendance, soit plus de 30 milliards d'euros nécessaires par an. Cette réforme devrait aboutir en 2012 à la création d’une cinquième branche au sein de la Sécurité sociale, aux côtés de la maladie, des accidents du travail, de la famille et de la vieillesse.

Le projet pourrait porter sur un système à deux étages : un régime de solidarité pour les plus démunis, l’assurance privée pour les autres qui existe déjà avec le contrat d’assurance dépendance. Le régime de solidarité existe déjà avec le versement de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).

La réforme consisterait à modifier les modalités d’attribution. Pour le reste de la population, la souscription d’une assurance privée facultative serait une solution pour financer la dépendance. D’autre part on pourrait favoriser le transfert des contrats d’assurance vie vers les contrats de dépendance et réviser la fiscalité concernant la rente.

Plusieurs grilles d’évaluation sont utilisées pour mesurer la dépendance, chacune mettant l’accent sur un aspect du problème. Parmi celles-ci, la grille AGGIR  est fondée sur l’observation des activités quotidiennes qu’effectue seule la personne âgée.

 

Contrats d’assurance dépendance

 

Pour financer leur dépendance future, 5 millions de Français ont déjà souscrit un contrat d’assurance dépendance.

Le problème est de bien choisir son contrat. Pour cela il faut se poser différentes questions et bien se renseigner sur les risques couverts. D’abord la condition d’âge prévue par le contrat sachant que l’âge requis est généralement compris entre 50 ans minimum et 74-77 ans maximum. Après 75 ans, il est souvent impossible de souscrire ce type de contrat. En outre, plus vous avancez en âge, plus les tarifs seront élevés.

Généralement, ces contrats prévoient des délais de carence, souvent compris entre 1 et 3 ans. Vérifiez donc que les cotisations versées seront bien remboursées si l’état de dépendance survient pendant cette période. Les prestations proposées et les conditions d’octroi répondent-t-elles à vos besoins ? Si les conditions sont trop strictes, vous risquez de ne pas percevoir la rente le moment venu. Tentez donc d’élaborer un petit tableau comparatif mettant en avant les critères retenus par l’assureur pour déterminer l’état de dépendance, étendue de la couverture, les services complémentaires proposés, etc.

 

Comment est évaluée la dépendance ?

 

Selon les contrats, la dépendance peut être appréciée à partir de la grille AGGIR ( faites le calcul ) ou de critères qui sont propres aux assureurs mais qui prennent généralement en compte la réalisation des actes de la vie courante. Soyez attentifs à la façon dont votre contrat déterminera si vous êtes ou non dépendant. Les contrats d’assurance dépendance ne couvrent, pour la plupart d’entre eux, que la dépendance « définitive », permanente liée au vieillissement.

Par ailleurs, certains contrats ne couvrent que la dépendance totale et pas la dépendance partielle : le risque est alors de ne pas pouvoir activer les garanties lors de l’arrivée des premiers signes de dépendance alors que l’aménagement du domicile, l’aide financière ou l’accompagnement par le financement de services à domicile sont importants à cette période « d’entrée en dépendance »…

Qui va évaluer votre état de santé ? Votre médecin traitant, le médecin de l’assureur ? Existe-t-il des clauses d’exclusion ? Si oui, lisez-les bien et comparez les différentes propositions qui vous sont faites. Quels sont les atouts des prestations d’assistance dans le cadre d’une assurance dépendance ?

En général, ces prestations offrent une information sur la perte d’autonomie, procurent une aide pour la constitution des dossiers de demande d’aides financières (APA dont l’apport est cumulable avec l’assurance dépendance et autres) et des conseils pour l’aménagement du domicile, par exemple. Elles peuvent également vous aider dans la recherche d’une maison de retraite.

Plusieurs types de contrats peuvent être proposés : un contrat de prévoyance comportant la dépendance comme garantie principale. Vous percevez alors une rente mensuelle et/ou un capital qui peut vous servir à payer une aide à domicile ou à financer votre accueil en maison de retraite ; un contrat d’assurance-vie avec option complémentaire dépendance ; il existe également des contrats collectifs souscrits par certaines entreprises pour leurs salariés, il faut se renseigner auprès de son employeur… La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a établi une fiche concernant l’assurance dépendance consultable sur le site dgccrf.bercy.gouv.fr