Quel avenir pour le « suicide assisté »

Mieux comprendre la notion de suicide assisté avec www.alloleciel.fr

Suicide assisté | Suicide médicalement assistéMalgré la loi Leonetti, des questions restent donc toujours posées : peut-on mourir sans endurer les souffrances occasionnées par la maladie ? Peut-on mourir pour que cessent les souffrances ? Peut-on mourir sans subir la double peine de la souffrance et de la déchéance ? Quel avenir pour le suicide médicalement assisté en France ? 

Les défenseurs de l’euthanasie active, au rang desquels on compte Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, mais aussi des parlementaires de gauche et même de droite, n’ont certes pas dit leur dernier mot et ce sujet n’a pas fini de revenir sur le tapis.

L'ADMD a pour objectif de généraliser la lutte contre la douleur, de faire admettre le droit au refus de l’acharnement thérapeutique, de rendre légal le testament de vie et de dépénaliser l’euthanasie. Elle compte parmi ses actions soutenir une proposition de loi relative à l’aide à la délivrance volontaire en fin de vie, interpeller les médecins sur cette question, connaître l’avis des citoyens sur la mort volontaire, diffuser son point de vue et organiser des conférences.

Alma Nosmas, membre de l’ADMD, auteur d’un « testament de vie » appelle « mort élégante » et « sabordage » le suicide assisté (La mort élégante. Entretiens).

Selon elle, le suicide assisté, qu'elle appelle « la mort élégante » s’adresse plus particulièrement « à tous ceux qui refusent de vivre dans un état de déchéance physique ou morale. Totale ou partielle. À tous ceux qui se sentent libres, propriétaires de leur corps, de leurs choix, aimant leur vie telle qu’elle est: amour, enfants, famille, travail, bonne bouffe, bons vins… qui ont la sensibilité du quotidien et qui estiment que basculer dans la souffrance et la dépendance n’a plus rien d’humain ».

Cette note épicurienne met la jouissance humaine d’exister en opposition directe avec la souffrance et la perte d’autonomie qui n’auraient plus rien d’humain et ainsi justifierait le suicide assisté

La question pour certains aujourd’hui est de savoir jusqu’où peut-on aller ? Le suicide médialement assisté est-il concevable ? Est-il une pratique d'avenir ? 

 

On distingue deux euthanasies : une active et une passive

(Le suicide médicalement assisté est souvent considéré comme la forme active de l'euthanasie)

La première, interdite en France, suppose le geste d’un tiers qui donne la mort à une personne dans un état désespéré. C’est ce geste qui justifie du point de vue du droit des poursuites judiciaires. La seconde (la loi Leonetti), c’est l’arrêt des traitements – sauf les soins palliatifs – décidé par les médecins et qui abrège la vie avec l’accord bien sûr du malade et/ou de la famille. C’est la différence entre faire mourir et laisser mourir. Sur le plan éthique, il s’agit dans les deux cas de la mise en œuvre d’une décision médicale de fin de vie...

 

Législation en Europe

 

Les Européens ne sont pas tous logés à la même enseigne en ce qui concerne l’euthanasie. Elle est légalisée uniquement en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Elle est interdite totalement en Pologne, Roumanie, Serbie, Grèce, Slovénie, Croatie, Bosnie et Irlande du Sud. En Suisse, elle est interdite mais le suicide médicalement assisté est possible. Dans tous les autres pays elle est interdite mais on autorise une forme d’aide à la mort comme en France.

 

Suicide médicalement assisté

 

Suicide assisté | Suicide médicalement assistéDeux associations, Dignitas (plutôt tournée vers la population allemande) et Exit ADMD (antenne de l’ADMD en Suisse romande) prennent en charge les malades candidats au suicide médicalement assisté. Avant le passage à l’acte, ils doivent constituer un dossier comprenant des documents médicaux et une lettre manuscrite expliquant leur démarche.

En principe les associations informent des conditions pour le suicide médicalement assisté : le discernement de la personne, la manifestation de la volonté réitérée, la maladie incurable, les souffrances insupportables et pronostic fatal ou évolution vers une invalidité définitive et irréversible. Là-bas les professionnels peuvent obtenir du penthotal, un barbiturique utilisé pour les suicides assistés.

Deux CHU de Suisse romande acceptent que l’acte se déroule dans leurs murs, sinon le suicide se déroule au domicile ou parfois à la maison de retraite. La personne est assistée d’un accompagnateur. C’est un – ou une bénévole –, accepté par l’un des médecins-conseils de l’association. Il ou elle se rend au domicile de la personne, dialogue avec elle, l’assiste, lui apporte la potion létale et l’accompagne jusqu’à son décès. L’accompagnateur soutient bien souvent aussi la famille ou les amis et se charge des formalités avec les services de police. C’est une tâche difficile et éprouvante que peu de personnes sont capables d’assumer et on remarque que pour accomplir cette tâche, il y a plus de femmes que d’hommes...

 


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Derniers commentaires

Quelques précisions. L'ADMD ne fait que suivre la loi Léonetti quand elle refuse l'acharnement thérapeutique et milite contre la douleur. Là où elle diverge c'est quand elle revendique le droit à l'euthanasie. Euthanasie signifie "bien mourir". On peut donc parler d'euthanasie quand la personne malade demande qu'on l'aide à mourir par des médicaments mais quand c'est l'entourage qui le décide, quelles que soient ses bonnes intentions, il s'agit d'un meurtre. Il est important d'avoir les définitions les plus claires possibles pour discuter de questions qui ne sont pas simples.
Décider que la vie de quelqu'un est bonne ou pas bonne c'est ne pas le respecter.
Autre précision : l'euthanasie est un acte actif car elle implique une décision.
Ce qui est invoqué, un certain nombre de fois, comme euthanasie passive est, en fait, refus d'acharnement thérapeutique. C'est une notion très délicate car variable selon les personnes et selon les moments de vie.